Un bon polar pour le goûter
Le nouveau Harlan Coben,
Ne t'éloigne pas, Belfond, 19,90 €.
Comme d'habitude on se laisse prendre par le rythme trépidant d'Harlan Coben. On commence son dernier polar et on ne le lache plus tant qu'on n'a pas le fin mot de l'histoire.
Un soir, à Atlantic city, un homme et une danseuse disparaissent à la sortie d'un club de strip-tease sans laisser de traces. Ont-ils été tués, se sont-ils enfuis ensemble pour refaire leur vie ? L'enquête reste en suspens des années au grand désespoir du flic chargé de l'enquête, jusqu'à ce que 17 ans plus tard, une nouvelle disparition se produit dans les mêmes circonstances.
La strip-teaseuse disparue réapparaît en femme au foyer bien rangée et elle semble savoir beaucoup de choses tandis qu'un couple de tueur prénommés Ken et Barby, sème la terreur dans les rues... L'inspecteur Broome tente de percer le mystère... C'est, comme d'habitude, palpitant, trépidant, en un mot formidablement bien mené.
Pour trembler de peur : Neil Cross
L'alerte, Belfond, 20,50 €.
Voilà un habitué des thrillers palpitants. Neil Cross, auteur du passionnant Captif, récidive avec L'alerte qui met en scène l'inspecteur John Luther, confronté à une enquête qui démarre dans le sanglant : un jeune couple vient d'être retrouvé sauvagement assassiné et le bébé dont la femme était enceinte lui a été arraché du ventre ! S'ensuit une enquête terrible dans le monde de l'eugénisme et du crime. Brrrrrrrrr !!!!!!! Ce qui est sympa avec cet auteur c'est que ses personnages sont complexes, finement dessinés, et dualistes, ce qui est intéressant et nous change du manichéisme habituel chez certains auteurs de polars qu'ils soient américains ou anglais comme Neil Cross.
Un héros, 
de Félicité Herzog, Grasset, 18 €.
Oublions un peu le tapage, le scandale, le brulot, autour de la parution de ce livre et de la personnalité de Maurice Herzog, qui en prend pour plus que son grade. Que reste-t-il ? En fait, un véritable auteur. Il s'agit d'un excellent premier roman, bien écrit, bien troussé, dans une langue classique et cutivée qui nous réconcilier avec les jeunes auteurs. Félicité Herzog a visiblement de l'or dans les doigts et on a hâte de lire ses prochains écrits. De l'histoire, on a lu et entendu beaucoup de choses sur le père, Maurice Herzog, vainqueur de l'Anapurna, premier Français à avoir vaincu un "huit mille" et qui sut fort bien entretenir sa gloire. Mais il y a plus dans ce livre qui le décrit, disons le carrément, comme un monstre. C'est la peinture d'une époque, les années 70-80, d'un milieu social, d'une manière de vivre et la peinture que dresse Félicité Herzog mérite bien mieux que l'anecdote que tous les médias retiennent.
"14"
de Jean Echenoz, éditions de Minuit, 12,50 €.
Dans l'océan de romans parus à la rentrée littéraire, j'étais complètement perdue lorsqu'une directrice de médiathèque m'a dit que s'il y avait un seul livre à lire parmi les 600 nouveautés, ce serait le dernier Echenoz. Echenoz ? je n'avais jamais rien lu de cet auteur né en 47 à Orange, fils de psychiatre, et prix Goncourt il y a une dizaine d'années pour Je m'en vais. Effectivement son "14" est brillantissime, son récit est énoncé d'un style classique travaillé, raffiné qui nous repose enfin des Begbeider, Angot et autres Justine Lévy. Un auteur à l'ancienne qui nous emporte avec pudeur sur les traces de 5 poilus originaires de la Grande guerre envoyés ensemble dans l'enfer des tranchées. Lesquels reviendront, et dans quel état. Il parle de la guerre comme on en parle peu, sans facilités sanguinolantes, sans macâbre, à petites touches. A lire absolument et à offrir pour les fêtes.
Le monastère oublié
par steeve Berry, Le Cherche-Midi, 22 €.

En 1974, dans la province du Shaanxi, en creusant un puits, des paysans trouvent d'étranges statues enterrées. Appelés sur place, des archéologues mettent alors au jour le mausolée de Qin, premier empereur de Chine, qui renferme une armée de 7 000 soldats et chevaux en terre cuite, gardiens du tombeau. Plus de trente-cinq ans plus tard, le contenu exact du tombeau n'a toujours pas été rendu public par les autorités chinoises...
2012. Cotton Malone reçoit un e-mail inquiétant : son amie Cassiopée Vitt a été kidnappée après avoir dérobé un objet d'art très rare. Les quelques indices dont il dispose le conduisent vite au beau milieu de la Chine. Une aventure qui le mènera jusqu'aux confins de la Chine et du Pakistan, au coeur d'un monastère oublié, perdu dans les montagnes... Un livre qui se lit comme un scnéario, vite, on n'en retient pas forcément grand-chose mais c'est très plaisant et finalement c'est tout ce qu'on lui demande.
Dernière nuit à Monréal

Par Emily Saint John Mandel, Tivages, 18,50 €
Sinistre mais beau. Le premier roman de la Canadienne Emily Saint John Mandel met en scène Lilia, enlevée à l'âge de 7 ans par son père une nuit glaciale. Enlevée est bien le mot, enlevée à sa mère dont la violence a ce soir-là dépassa les bornes. S'en suit un road moovie de plusieurs années, un périple qui va déterminer le destin de plusieurs personnes. d'abord lilia elle-même dont l'enfance faite de motels et de cartes routières va déboucher sur des années d'errance de ville en ville. Eli, fou amoureux de Lilia qui part sur es traces au Québec. Il y a aussi Christopher, le détective privé engagé par la mère de Lilia et qui devient prisonnier de son enquête. Enfin, il y a aussi Michaela, une jeune funambule qui connait la vérité sur cette étrange histoire.
Le temple noir
par Giacometti et Ravenne, éditions Fleuve noir, 20,50 €.
Le retour de l'inspecteur Marcas, flic et franc-maçon. L'action de ce nouvel opus du duo Giacometti Ravenne se situe à deux époques, en 1232 et de nos jours, l'une débouchant sur l'autre. Au XIIIème siècle, du côté de Jérusalem, autrement dit en Terre Sainte, Le Grand maître des templiers et le légat du pape s'étripent avec la plus grande violence dans une lutte où coups tordus et torture sont broutilles. L'enjeu : posséder un secret que s'arrachent toutes les religions et toutes les puissances. Huit cents ans plus tard, une mystérieuse société londonienne, le Temple Noir, vole dans le sacré Coeur un crâne aux pouvoirs sans limites qui pourraient bien changer le cours de l'histoire. A priori ce Temple noir semble être lié à la franc-maçonnerie, ce qui pourrait la discréditer. Alors il va falloir tout le talent d'Antoine Marcas pour évoluer dans Londres au coeur de la City et éviter une catastrophe...tout en résolvant une énigme vieille de huit cents ans.
Notre avis : ça se lit comme un scénario, on ne le lâche pas des mains. Ceci dit, cet inspecteur ronchon n'est pas toujours sympathique, alors il faut arriver à passer outre pour savourer ses tribulations.
Les âges sombres, éditions Sonatine, 21,30 €. 
On l'avait découverte dans La compagnie des menteurs qui l'avait d'emblée établie comme une auteur de polar majeure. La voici de retour avec Les âges sombres qui témoignent encore de son incroyable érudition, une érudition portant sur ce qu'en France on appelle le bas Moyen-Age, en l'occurrence les années 1300. Et bas il l'est dans ce polar flippant, oppressant, épouvantant ! L'action se déroule en 1321 dans le village d'Ulewic, dans l'est de l'Angleterre au moment où les récoltes se détériorent, le climat se détraquent et les esprits s'échauffent...sans qu'on sache vraiment pourquoi. Les habitants frémissent sous la domination du seigneur, de l'église ...mais surtout des inquiétants chats huants, des hommes masqués qui profitent de l'agitation du pays pour faire régner leur ordre dans la plus grande violence. Ils s'en prennent notamment à une communauté de béguines récemment installée aux portes du village. Il va falloir bien du courage à ces religieuses d'une modernité sympathique pour démasquer ces assassins et comprendre pourquoi le village s'affolle.
Un flic venu du froid
La muraille de lave
par Arnaldur Indridason, Métailié, 19,50 €.
Plus noir que ça tu meurs... Mais que c'est bien troussé ! Voici le dernier né d'Arnaldur Indridason, superstar parmi les écrivains d'Europe du Nord et abonné aux best seller. Chacun de ses romans est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur l'Islande, ce petit pays bien curieux, le plus proche du pôle, sur sa culture et, cette fois, sur ses paysages qui semblent fabuleux. Comme d'habitude, plusieurs enquêtes s'entremêlent et c'est le jeune inspecteur Sigurdur Oli qui en démêle les fils. L'un de ses plus proches amis, Patrekur, lui demande son aide : des copains, adeptes de l'échangisme, sont la cible d'un couple de maîtres chanteurs, photos à l'appui. La mission du policier : aller discuter et faire peur aux aigrefins. Damned ! au domicile des maîtres chanteurs, Sigurdur découvre la femme agonisante, le crâne défoncé à coups de batte de baseball. La victime, comptable dans une grosse société, organisait également des excursions en plein blizzard pour les gros clients de son entreprise. Justement, un an avant, l'une de ses excursions a mal tourné pour un banquier...L'enquête part alors dans une direction inédite et perturbe le lecteur, pour son bonheur.
La mort s'invite à Pemberley 
par P.D. James, Fayard, 22 €.
Comment il est le dernier P.D. James ? un peu poussif. L'idée est très originale : passionnée par l'oeuvre de Jane Austen, notre romanciière indigne (90 ans au compteur) n'a pas résisté à la tentation d'inventer une suite à Orgeuil et préjugés. Une suite criminelle bien sûr. Les Darcy sont heureux dans leur château de Pemberley, ils ont engendré deux jolis petits héritiers et notre héroïne, Élisabeth, habite désormais tout près de sa soeur adorée, Jane. Mais voilà-t-il pas que la veille du plus grand bal de l'année, le détestable Wickham refait son apparition dans le décors : on le découvre errant dans les bois de Pemberley, alors que son meilleur ami Denny y est retrouvé le crâne défoncé. Darcy doit affronter une enquête, le personnel du château est bouleversé, Wickham fortement soupçonné tandis qu'une famille de domestiques habitant un cottage au coeur du bois sent le mystère à plein nez. Si l'idée est excellente, en revanche Dieu que c'est lent ! on aimerait être l'éditeur et avoir supprimé 50 pages. En revanche c'est très bien écrit, un style classique et impeccable.
Nathalie Oléon-Papin.
Un polar pour la plage
Le quadrille des maudits, de Guillaume Prévost, Nil éditions, 20 €.
Novembre 1919, à Paris. Les Français veulent oublier les privations et, pour les combattants, les horreurs de la guerre qu'ils viennent de traverser. Ils se ruent au spectacle et, notamment, au cinématographe, si récent. Justement, on donne une série policière appelée les Maudits et qui connaît un succès retentissant. Sauf que... Un assassin se met à poignarder des jeunes femmes blondes au beau milieu des séances. Le jeune inspecteur François-Claudius Simon mène l'enquête dans les milieux du cinéma flanqué de son collègue Adrien Mortier. Tout tourne autour du producteur Valfandier, de son fils, un talentueux aliéniste, des techniciens et des acteurs qui chaque semaine mèttent en boite les épisodes des Maudits. Bon... Guillaume Prévost, historien qui connaît son après première guerre sur le bout des doigts, a fourni un travail de titan pour documenter son histoire. Mais il est sans doute bien plus historien que romancier. Mais, pour la plage ou sur une chaise longue à la campagne, on passera un moment divertissant.
Heather Mallender a disparu 
par Robert Goddard, Sonatine, 21,30 €.
En ce moment, nous avons de la chance, nous découvrons d'excellents polars. Voici un livre magistral de Robert Goddard, sans doute le meilleur que j'ai lu cette année ! publié une première fois en 1993 sous le nom des Ombres du passé, Sonatine le réédite aujourd'hui sous le titre Heather Mallender a disparu. Et quelle bonne idée ! Comment ce livre n'est-il pas devenu un best-seller en 93 ? ça laisse perplexe... Il y a des romans au contact desquels on se sent un peu plus intelligent. En voici un qui nous fait nous sentir nettement moins intelligent que son auteur. Son héros est si fin, les personnages secondaires ont une telle épaisseur... Et l'intrigue est si bien tissée que tous ses fils se rejoignent régulièrement, sans qu'on ait besoin d'attendre la fin pour mettre un éclairage sur tous les secrets. En plus une autre bonne raison de le lire : il finit bien pour notre héros (ce qui pourrait être étonnant quand on connaît sa personnalité). Vous voulez l'intrigue ? Harry Barnett est un ami de longue date du ministre de la défense britannique. Il lui sert de gardien et de factotum pour sa villa à Rhodes. Le roman démarre alors que son prestigieux ami lui a demandé de s'occuper une ami en visite dans la villa de Rhodes pendant quelque temps : Heather Mallender, fille de riches industriels spécialisés dans la construction navale. À la fin de son séjour, la jeune femme avec laquelle Harry a sympathisé, disparaît lors d'une excursion en montagne. Malgré les pressions de la famille pour incriminer Harry, un policier grec le lave de tous soupçons et Harry profite de cette dernière chance de la vie pour partir sur les traces de la jeune femme. Ses indices ? une série de mystérieuses photos prises par la jeune femme durant plusieurs mois. La dernière de la série, prise depuis la montagne où elle a disparu, n'est pas la moins curieuse : elle a été prise depuis le sommet alors qu'Heather prétendait n'être jamais venue à Rhodes. De Londres à Athènes, plus Harry en apprend, plus le mystère s'épaissit.
Nathalie Oléon.
Quand les dieux se moquent
par Alexandra Marinina, Calmann-Levy, 21,90 €.
Alexandra Marinina est considérée comme la reine du roman policier russe. Et à juste raison, semble-t-il. On commence le livre en revenant régulièrement en arrière pour s'y retrouver dans les diminutifs. Et ayant fait beaucoup de Russe, je peux vous dire qu'il faut réfléchir pour se rappeler qu'Anastasia donne Nastia, Michael, Micha et que chaque prénom peut donner 3 ou 4 diminutifs... Mais c'est déjà exotique et ça nous transporte vers des contrées lointaines : à Moscou où le lieutenant-colonel Nastia Kamensakaïa, de la prestigieuse brigade criminelle de la Petrovka, essaye de démêler une enquête chez les Djeun's : Deux fans du groupe de rock BBC sont assassinés à quelques jours d'intervalle et dans des conditions similaires. Dans le même temps l'étrange Evguenia Roubtsova, jeune fille de bonne famille âgée de 19 ans, reçoit les lettres d'un admirateur qui l'a suivie dans la rue. La police découvre que Evguenia ressemble comme deux gouttes d'eau à la chanteuse de BBC... Va falloir élucider tout ça ! Le gros point fort du roman réside dans la manière approfondie et sensible dont sont dessinés tous les personnages jusqu'aux simples "figurants" de l'histoire. C'est fin, très intelligent et - on respire - les policiers sont humbles, modestes, humains, aux antipodes des Experts. À lire absolument. Nathalie Oléon-Papin
Conte à rebours 
par Danielle charest, Éditions Sirius, 7,50 €.
Voici le premier né d'une toute nouvelle collection éditée par les éditions Sirius, la collection Bad girls. autrement dit, les enquêtes sont menées par des pestes. Elles n'ont pas froid aux yeux mais c'est pour la bonne cause. C'est Danielle Charest qui ouvre le ban avec Conte à rebours et une héroïne libre, Jocelyne... Ou qui voudrait l'être. Salariée d'une entreprise où elle s'ennuie mortellement, elle voudrait échapper à tout, son job, sa ville, sa vie et l'héritage qui semble sur le ploint de lui tomber dans le bec lui apportera la liberté. Sauf que... Sauf qu'elle a un frère, la Jocelyne, et que malgré les apparences, il n'a pas du tout l'air prêt à lui donner sa part d'héritage, mais alors pas du tout du tout. Il serait plutôt prêt au crime. En oubliant qu'il a affaire à une peste qui ne va pas, mais alors pas du tout du tout se laisser faire.
On sourit beaucoup, on tremble quand même pour Jocelyne parce que Danielle Charest réussit le tour de magie de nous amener à nous identifier à cette héroïne qui a pourtant quelques mauvais défauts. Le style est maîtrisé, rapide mais riche, on sent bien la patte d'une auteur qui sait très bien trousser ses polars. À découvrir.
Le dernier amour d'Arsène Lupin
par Maurice Leblanc, éditions Balland, 14,50 €.
C'est un très bon coup pour les éditions Balland qui, avec la complicité de la petite fille de Maurice Leblanc, publient cette "légende", cette dernière oeuvre de Maurice Leblanc, oubliée dans un recoin sans doute depuis les années 30. Bon, ce n'est pas un chef d'oeuvre mais c'est mignon à lire. L'histoire se déroule à la fin des années 1920. Arsène Lupin, comme souvent, se dissimule sous plusieurs identités, dont la plus visionnaire étant celle d'un éducateur qui s'occupe d'une colonie d'enfants pauvres de la banlieue nord de Paris. Notre gentleman cambrioleur prend aussi les traits d'un architecte ou d'un archéologue au service du ministère de l'Intérieur. En cours d'intrigue, il tombe fou amoureux de Cora de Lerne et doit en découdre avec des agents des services secrets anglais qui veulent récupérer un mystérieux livre ayant appartenu à l'arrière-grand-père d'Arsène, le général Lupin, fidèle de Napoléon ! tout un programme.
Nathalie Oléon.
À lire absolument : Mildred percée
par Stuart Kaminsky, Rivages / Noir, 9,15 €.
Tout commence dans un parc d'Hollywood alors qu'un dentiste, Sheldon Minck a l'étrange idée de s'entraîner au tir à l'arbalète. Sa femme l'a quitté depuis depuis quelques temps déjà pour enchaîner les amants. Au moment où le dentiste, complètement miro par ailleurs, lâche sa flèche, une femme s'écroule dans le parc : la siennne... Sous l'oeil d'un témoin, l'actrice Joan Crawford. Tout accuse donc Sheldon Minck, qui n'a d'autre ressource que de se tourner vers son colocataire, le détective des stars, Toby Peters. C'ets bien le seul à croire en l'innocence de son client mais il va débuter une enquête bien plus ténébreuse qu'il n'y paraît .Ce roman qui se déroule en 1944 a été écrit en 2003 par un vieil auteur talentueux qui semble avoir connu le Hollywood de l'âge d'or comme sa poche. Son héros nous rappelle tellement Humphrey Bogart et le style est si bon...Notamment dans la scène des obsèques de la victime, à mourir de rire. Voilà une pépite d'or que nous vous recommandons sans aucun scrupule. Nathalie Oléon-Papin
Comment ensigner l'histoire à un ado dégénéré en repoussant les assauts d'une nymphomane alcoolique
par tom Sharpe, Belfond, 19 €.
Voici le cinquième opus des aventures d'Henry Wilt, professeur d'université 100% british qui est plus que jamais embarqué dans un imbroglio dont Tom Sharpe a le secret. Le voici entraîné par son insupportable épouse dans un job d'été censé lui apporter un non négligeable congé-payé. Sa mission : passer un mois dans un manoir anglais pour préparer le fils d'un lord à passer le concours de Cambridge. Comme ça, sur le papier, ça a l'air fantastique. Mais si on vous dit que le gamin est à moitié débile, qu'il passe son temps à arpenter ses terres le fusil au bras pour tirer sur tout ce qui bouge - êtres humains compris - et qu'il rêve d'être tireur d'élite dans l'armée ? Si on vous dit que la lady est nymphomane et alcoolique ? que son mari ne recrute que des domestiques obèses pour leur sauter dessus ? que Wilt débarque avec sa femme et surtout, surtout, ses insupportables quadruplettes ? et qu'au milieu de tout ça se promène le cercueil d'un vieil oncle de la chatelaine ? expert en catastrophes en tout genre, Henry Wilt ne devra son salut qu'à une balle perdue... Ce n'est pas un prix Goncourt mais c'est savoureux, plein d'esprit. Dommage que Tom Sharpe ne réussisse pas à maintenir son rythme trépidant jusqu'au bout de son intrigue. Nathalie Oléon-Papin
La femme au masque de chair,

par Donna Leon, Calmann-Lévy, 21,50 €.
Donna Leon, la plus italienne des Américaines, vit à Venise une vingtaine d'années. Ses fans sont désormais habitués aux enquêtes menées par son sympathique héros, le commissaire Brunetti. Bon père de famille parfois dérouté par les tribulations de ses deux ados, il passe son temps à résoudre des intrigues sous l'oeil fainéant du vice-questeur Patta mais n'oublie jamais de rentrer chez lui à midi pour déjeuner. Il faut dire que son intello d'épouse n'en est pas moins un vrai cordon bleu. L'histoire débute d'ailleurs à table, lors d'un diner donné au palazzo de son beau-père. Brunetti se retrouve à table devant une espèce de bimbo blonde défigurée par les liftings : résigné, il s'apprête à subir une conversation stupide et découvre une lectrice ultra cultivée capable de citer Virgile par coeur. Comme quoi les clichés ont la vie dure. Brunetti n'est pas là par hasard : son beau-père s'apprête à nouer un partenariat avec le mari de la blonde et demande au commissaire d'enquêter sur cet homme d'affaires un peu sulfureux. Le Lendemain, un carabinier vient demander son aide au commissaire pour élucider le meurtre d'un transporteur routier. Et comme d'habitude avec Donna Leon, tout se mêle et s'entremêle, les intrigues se recoupent dans la comédie des âmes italiennes. De roman en roman, les polars de Donna Leon se font plus graves, plus désabusés sans jamais perdre cette gaieté qui fait toutes la saveur de son univers. Un bon cru que celui-ci. Isabelle Gimenez
Sous haute tension
par Harlan Coben, Belfond noir, 22,50 €.
Il y a peu nous recevions ce dernier né d'Harlan Coben, faiseur de best- sellers bichonné par les éditions Belfond. Inconditionnelle de cet auteur, je me suis précipitée sur "Sous haute tension" pour retrouver les deux héros que j'adore, Myron et Will et vérifier si ce dernier opus est à la hauteur des précédents. C'est du miel. Un vrai bonheur. Coben atteint une maîtrise jubilatoire dans l'humour qu'il distille au fil des pages d'une intrigue bien troussée. Contrairement à beaucoup d'auteurs qui soutiennent un rythme trépident tout au long de leur polar mais fatiguent avant la fin, Coben nous mitonne des chutes de haut vol.
Vous voulez le pitch ? une championne de tennis dont Myron est l'agent, reçoit des messages inquiétants sur sa page facebook alors qu'elle vient d'y annoncer sa grossesse. En clair, l'expéditeur suggère que son enfant ne serait pas celui de son compagnon, Lex, chanteur du groupe HorsePower qui, soudain, disparaît dans la nature. Myron commence à enquêter sur le corbeau féru du net et part à la recherche de Lex. Il le retrouve dans la villa du bien étrange Gabriel Wire, un autre membre du groupe HorsePower, terré sur une île réservée aux happy few depuis un scandale jamais vraiment résolu... Nathalie Oléon-Papin